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11 octobre 2008

Qui montera pour nous ?

Le livre des Juges commence par cette interrogation formidable, parfois - à tort - traduite en « qui de nous montera … ».

Ce bout de phrase est en fait une citation du discours d'adieu de Moïse (Deut. 30:12), quand Moïse fait voir que la Loi (Torah) n'est pas « accrochée au Ciel » dans l'attente de quelqu'un qui irait là-haut la (com)prendre, mais qu'au contraire elle est tout près de nous pour que nous nous en servions.

Le rédacteur du livre des Juges voit les choses un peu différemment, il détourne la phrase attribuée à Moïse pour en faire une question militaire ou communautaire ; en somme, pour dire « c'est bien gentil ces questions de Loi mais concrètement, là, comment on procède ? ». Un vrai débat, par citations interposées.

Oui, comment faire pour prendre des décisions, quand on est une (petite) communauté ? Est-ce qu'il nous faut un chef, un vrai ? Est-ce que l'initiative individuelle peut suffire ? Est-ce qu'il faut un prêtre pour nous amener la bonne, la vraie parole, ou peut-être un « leader » capable de nous éclairer (sur) le Ciel et la Terre ?

Et si nous avions un chef, serait-ce un responsable politique (celui qui organise les choses concrètement) ou un responsable religieux (celui qui dit ce qu'il faudrait faire mais ne fait rien par lui-même) ?

(ci-dessus, les restes de la route romaine de Jéricho à Jérusalem)

25 juin 2008

Qu'est-ce que la Bible ? (modifié)

Quelle question ! Il n'est quasiment question que de cela dans ce blog, alors ?! Pourtant … La Bible, une bible, ta bible … est-ce la même chose ? La discussion entre Jésus et un « sadducéen » (enfin, disons, un contradicteur parmi d'autres) à propos de la femme qui a sept maris a, entre autres dimensions, l'intérêt de mettre en scène plusieurs références au texte écrit de la Loi de Moïse (la Torah, soit les cinq premiers livres de la Bible).
Les autres évangélistes qui racontent ce dialogue dans des termes quasiment identiques (y compris le « décryptage» final) omettent de signaler qu'on peut lire la Loi dans le livre de Moïse ; et « livre » en grec se dit … biblos (cela désigne une feuille de papyrus), qui a donné très directement notre mot « bible ». Est-ce à dire que les cinq premiers livres de la Bible, joints aux Psaumes, formaient déjà un recueil stabilisé ? Difficile de répondre, et encore plus difficiles sont les questions suivantes : quand Jésus parle du livre de Moïse, évoque-t-il les ajouts futurs ? Et quand Marc écrit, où en est-on (les lettres de Paul sont déjà là) ? Ces questions n'appellent évidemment aucune réponse, mais sont plutôt là pour nous aider à dépasser un peu l'idée de la Bible comme d'un livre clos.

Quoi qu'il en soit, j'aime à penser que cet Évangile que nous lisons, et qui fait partie de notre Bible, parle lui-même de la Bible comme d'une œuvre bonne à lire, alors qu'elle est justement en train d'émerger …

P.S. Une certitude quand même : autour de Jésus les personnes capables de lire n'étaient pas fort nombreuses ! Et chez nous ????

14 juin 2008

Du buisson ardent à la croix : « Je suis ... »

« Je le suis », nos traductions françaises des paroles de Jésus au chapitre 14, 62 laissent entendre que Jésus est quelque chose ou quelqu'un. Mais le petit « le » est un rajout. Ainsi complétée, la phrase s'écoule bien, trop bien peut-être.

Jésus semble acquiescer à la question du grand-prêtre s'il est le Messie. Dans la version française, le décalage fondamentale entre la question et la réponse de Jésus n'est plus perceptible. Le grand-prêtre s'attarde sur le titre que Jésus porte : Es-tu le messie, l'oint de Dieu. Jésus répond, mais dans une liberté étonnante. Ce n'est pas le titre qu'il revendique. Non, c'est l'être. ... sans aucun rajout. « Je suis »

Ceci amplifie les paroles chez l'évangéliste Jean : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Je suis. A travers cette posture, il reprend les paroles entendu par Moïse face au buisson ardent « Je suis celui que je serai ». Jésus ne s'identifie pas avec une fonction particulière. Il ne se laisse pas enfermer dans un rôle. Il est. ... Il n'y a pas de rajout nécessaire. Liberté absolue de Jésus. Elle ouvre notre vue : ... Je suis et vous verrez le fils de l'homme.

Tout en voyant Jésus, notre regard permet d'avoir une vue globale sur ce qui se passe. Vous verrez ! Le règne de Dieu qui vient vers nous. Jésus auquel on fait le procès, ouvre vers une existence nouvelle.

04 mai 2007

Ascensions

Pourquoi découvre-t-on les personnages d'Élie et Moïse dans la scène de la transfiguration ? La meilleure réponse se trouve dans les textes eux-mêmes. Concernant Élie c'est dans II Rois 2, et pour Moïse c'est dans Deutéronome 34. La fin du livre de Malachie résonne aussi avec ce texte, lisez-la. Tant qu'à faire, puisque c'est bientôt, nous pouvons nous interroger sur l'Ascension ; les traces sont maigres, lisez la fin de l'Évangile de Luc et le début du livre des Actes c'est à peu près tout. Quel point commun entre toutes ces situations ? Pas de tombeau ! Aucun culte !
Alors, pour illustrer ce petit billet, quoi de mieux qu'un grand bol d'oxygène ?