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21 octobre 2007

Palindromes


Si nous repassons la fin du chapitre 9 et le début du 10, il saute aux yeux que certaines questions sont traitées deux fois... pourquoi donc ? Voyez un peu :
(A) 9:30 l'annonce de la Passion
(B) 9:33 qui est le plus grand ?
(C) 9:37 comme un petit enfant
(D) 9:38 amis et ennemis
(E) 9:43 occasions de chute
(E) 10: 2 adultères = occasions de chute
(C) 10:13 comme un petit enfant
(F) 10:17 l'homme riche
(B) 10:31 premiers et derniers
(A) 10:32 l'annonce de la Passion
(B) 10:35 qui est le plus grand ?

A peu de choses près, le début du chapitre 10 reprend les thèmes du chapitre 9 en les inversant. En assemblant ainsi les idées, c'est le milieu qui se trouve mis en valeur... l'histoire de l'homme riche tout particulièrement. C'est ici que tout le message se concentre : à chacun de le lire à son idée !

PS. Un palindrome est un mot qui peut se lire à l'envers, comme "SELLES".

07 octobre 2007

Compétition

Bonjour à tous ! Nous revoici après la pause de l'été, remotivés par le « samedi théologique » du Centre Hâ 32 avec Patrice Rollin. En ce bon mois d'octobre nous sommes tous plus ou moins en train de lire Marc 10, aussi permettez-moi de faire un bref retour sur le dernier chapitre avant de progresser.
En Marc 9 nous avons cette curieuse « discussion » des disciples qui se demandent « qui est le plus grand ». J'ai failli imaginer leur discussion (dispute ?) jusqu'au moment où je suis allé voir le texte de près. Le verbe que Marc met dans la bouche de Jésus (dialogizomai) est en lien avec nos mots de logique, logistique, etc., et il signifie au sens propre « calculer » et seulement au sens figuré « discuter » (tandis que le second verbe, dialegomai, signifie vraiment discuter). Gardons le sens propre pour voir où cela nous mène… les disciples sont en train de compter les mérites des uns et des autres, il font des additions pour voir qui a le plus fort total ! Eh bien je crois que c'est cela que Jésus remet en cause comme dans le dialogue avec l'homme riche (chapitre 10) : vous pouvez tenter de thésauriser des biens ou des mérites, ça ne vous avancera à rien sur le chemin que Jésus trace…

11 mai 2007

Scandale !

Qu'est-ce que cette histoire de scandale, de chute ? Pour nous le verbe « scandaliser » a un sens très clair, il est synonime de « choquer ». En réalité c'est l'un des mots de notre langue qui viennent directement de l'Évangile. En grec, le mot « skandalon » désigne un piège (sans doute une branche courbée) qu'on dissimule sous un chemin ou une route pour faire chuter l'adversaire, ce que certains traducteurs rendent par « chute », « occasion de chute » (voyez la parabole du Semeur et les Psaumes 65 et 140). Les évangélistes Marc et/ou Matthieu ont alors créé le verbe σκανδαλιζω pour dire « être une occasion de chute », ce qui est devenu le moderne « scandaliser ». Le verbe est passé au latin par la traduction latine de Jérôme, puis au français.
La notion de réprobation sociale associée au scandale demeure tout à fait éloignée du message évangélique qui s'occupe uniquement de vie et de résurrection ; dans cette perspective, chute et péché reviennent au même, c'est l'éloignement de Dieu.
Clin d'œil publicitaire pour finir : ce qui crée le scandale ce n'est pas la situation elle-même c'est l'ombre projetée par elle …

06 mai 2007

Satan et les anges, seraient-ils parmi nous ?
Quand le dess(e)in de Dieu se concrétise


Dans un tissage, certains fils semblent disparaître pendant un certain temps ; le fait qu'ils deviennent invisibles à l'œil ne veut cependant pas dire qu'ils n'existent plus. Souvent ce sont eux qui portent, en tant que chaîne, le fil visible qui montre le dessin du tissage.
Le chapitre 8/9 de l'évangile de Marc fait réapparaître des thèmes qui semblaient enfouis :

Au premier chapitre, l'apparition de Satan est quelque peu irréelle pour le lecteur. Il s'impose de lui-même. On ne sait pas d'où il vient, où il va. Est-il un personnage que certains d'entre nous rencontreront pour de bon ? C'est tout le contraire du chapitre 8, où il est démasqué par Jésus. Arrivé incognito dans une parole concrète, il s'est manifesté à travers un compagnon de Jésus ; il est parmi ses plus proches.

Les anges non plus, ils n'étaient plus sur scène depuis la tentation au désert ; et le désert, c'est un lieu si lointain que personne d'entre nous n'y risque poser son pied. Maintenant, leur venue est annoncée "face aux gens d'aujourd'hui" ou "dans cette génération " (8,38), parmi nous.

Ce rapprochement du récit devient encore plus palpable dans une toute petite variation : Dans 9, 7 la voix dit : « Celui-ci est mon fils bien-aimé. Ecoutez-le ! » La relation d'intimité avec le père est ré-invoquée, comme dans le baptême, mais avec une nouvelle exigence pour l'auditoire.

04 mai 2007

Ascensions

Pourquoi découvre-t-on les personnages d'Élie et Moïse dans la scène de la transfiguration ? La meilleure réponse se trouve dans les textes eux-mêmes. Concernant Élie c'est dans II Rois 2, et pour Moïse c'est dans Deutéronome 34. La fin du livre de Malachie résonne aussi avec ce texte, lisez-la. Tant qu'à faire, puisque c'est bientôt, nous pouvons nous interroger sur l'Ascension ; les traces sont maigres, lisez la fin de l'Évangile de Luc et le début du livre des Actes c'est à peu près tout. Quel point commun entre toutes ces situations ? Pas de tombeau ! Aucun culte !
Alors, pour illustrer ce petit billet, quoi de mieux qu'un grand bol d'oxygène ?



25 avril 2007

Quand le fou montre la lune...


… l'imbécile montre le doigt (proverbe chinois). Dans cette scène presque tout le monde, avec de notables exceptions, semble vouloir montrer quelque chose ou quelqu'un. Ces doigts peuvent à leur tour montrer, questionner, accuser
… mais qu'y a-t-il à voir? et quel est l'objet du débat ?
Sans prendre de risque théologique particulier, nous pouvons affirmer qu'il est ici question de la résurrection qui suscite de grandes disputes (voyez 9:10). Alors rappelons-nous que « relever » et « ressusciter » sont quasiment le même verbe en grec. Est-ce que c'est plus clair ainsi ? Non ? Eh bien ! priez d'abord et revenons-y ensuite.

22 avril 2007

La transfiguration : tout un programme

Après avoir abondamment navigué sur terre et sur mer (enfin, sur le lac), nous touchons au Ciel.
Pour aborder ce passage central et dense, une fois de plus un coup d'œil sur un œuvre d'art nous rendra de fieffés services. Nous n'avons guère le choix, mais la pêche s'avère miraculeuse … la voici ! (cliquez sur l'image pour agrandir, et sur "retour arrière" pour revenir au blog)


Ce tableau fut peint par Raphaël en 1517, et c'est la dernière œuvre du génial peintre qu'il n'a même pas eu le temps de finir. Je ne vous en livre pas maintenant toutes les clés, regardez plutôt de près par vous-mêmes.
Une indication pour commencer : suivez les regards et demandez-vous où ils aboutissent.
Une question pour continuer : quand vous avez lu le chapitre 9, à votre avis l'enfant convulsif était-il debout ou couché ?
Une observation pour finir : c'est le père qui soutient l'enfant.