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25 novembre 2008

Un prologue s'écrit ... après la lecture du livre

Le prologue s'écrit ... après la lecture du livre ; mais il se pose bel et bien au début de la lecture. Ainsi, il peut être utile d'imaginer que le premier chapitre des juges joue ce rôle de préambule ... et que nous le lisons une première fois au début, pour y revenir à la fin.

Il délimité un grand sujet, et plusieurs clés pour la suite :

  • A qui appartiennent les espaces habitables ? ... grande question des humains.
  • Comment accéder, et de quel droit, aux moyens vitaux pour une société ? ... surtout en période de transition.

Les anecdotes en miniatures du premier chapitre jouent un rôle de clés de lecture. Elles indiquent des passages possibles, mais inattendus, à travers le questionnement posé.

Adoni-Bezeq qui confesse le Dieu d'Israël comme Seigneur,

Aksah qui reçoit les sources d'en haut et d'en bas et

l'homme de Louz marquent des rencontres avec des guides à travers un terrain difficile. Le lecteur les découvre au début de la route, pour revenir vers eux, au bout du chemin. C'est à la fin qu'on va pouvoir dire le chemin parcouru !!


12 octobre 2008

Sur la route

Voici à présent la seconde moitié du verset Juges 2:22, que je trouve très inspirante. Je la transcris ici pour plus de facilité (ainsi j'ai les mots sous les yeux) mais ne vous inquiétez pas, le mot-à-mot vient de suite.

השמרים הם את דרך יהוה ללכת בם כאשר שמרו אבותם אם לא

… c'est-à-dire, « Est-ce qu'ils gardent la route du Seigneur pour (y) marcher comme (l')ont gardée leurs pères, ou non ?».

Le texte lui-même prenant la forme interrogative, restons donc sur le mode du questionnement. À quoi ressemble-t-elle, cette route ? Certains traducteurs en font une « voie » assez abstraite, mais ici nous sommes plutôt au niveau de la poussière ! Y voyez-vous une piste dans un désert plutôt plat et caillouteux, ou une sente éparse dans un sous-bois touffu (voire une jungle !), ou encore des choix à faire parmi des bifurcations innombrables, ou encore une à la lueur des étoiles une nuit de nouvelle lune ?

Mais ne serait-ce pas aussi la traversée des villes qui grouillent d'êtres affairés à des tâches innombrables et pas toujours fort compréhensibles ?

Chacune, chacun va comprendre cette « route » à l'aune de sa propre vie, des bifurcations qui s'y produisent, par hasard ou par intention.

Face à chacune de nos routes, ne faut-il pas adopter aussi ce ton interrogatif, la comparant à la route suivie par « nos pères » ?

Clin d'oeil final : derrière la station de Canfranc (sous le Somport, côté aragonais) vous trouverez cet étonnant « paseo de los melancolicos » jouxtant la « piste du col des voleurs ». Décidément, le choix du chemin n'est pas toujours chose facile !

11 octobre 2008

Qui montera pour nous ?

Le livre des Juges commence par cette interrogation formidable, parfois - à tort - traduite en « qui de nous montera … ».

Ce bout de phrase est en fait une citation du discours d'adieu de Moïse (Deut. 30:12), quand Moïse fait voir que la Loi (Torah) n'est pas « accrochée au Ciel » dans l'attente de quelqu'un qui irait là-haut la (com)prendre, mais qu'au contraire elle est tout près de nous pour que nous nous en servions.

Le rédacteur du livre des Juges voit les choses un peu différemment, il détourne la phrase attribuée à Moïse pour en faire une question militaire ou communautaire ; en somme, pour dire « c'est bien gentil ces questions de Loi mais concrètement, là, comment on procède ? ». Un vrai débat, par citations interposées.

Oui, comment faire pour prendre des décisions, quand on est une (petite) communauté ? Est-ce qu'il nous faut un chef, un vrai ? Est-ce que l'initiative individuelle peut suffire ? Est-ce qu'il faut un prêtre pour nous amener la bonne, la vraie parole, ou peut-être un « leader » capable de nous éclairer (sur) le Ciel et la Terre ?

Et si nous avions un chef, serait-ce un responsable politique (celui qui organise les choses concrètement) ou un responsable religieux (celui qui dit ce qu'il faudrait faire mais ne fait rien par lui-même) ?

(ci-dessus, les restes de la route romaine de Jéricho à Jérusalem)

20 juin 2008

Il vous précède ...

... en Galilée, très bien, mais où ? C'est que le lieu, s'il n'est pas très grand, recouvre quand même un certain nombre de villes, villages, et un grand lac. Un peu comme si on nous disait «il vous attend sur le Bassin» !
Où chercher, donc ?
Peut-être dans une synagogue (une église, si vous voulez) ? Pas de chance, il y en a au moins une et souvent plusieurs dans chaque village, cela va faire un peu long …
Et puis … le Fils de l'Homme est-il venu au monde pour se faire enfermer entre quatre murs ? Certainement pas ! Changeons d'idée.
Peut-être est-il sur les routes pour que nous ayons les plus grandes chances de le croiser, comme entre Jérusalem et Bethléem ? Ou sur le lac en train de pêcher ? Ou dans les champs en train de semer et de récolter, activités qu'il affectionnait particulièrement ?
Faut-il lui téléphoner, et en ce cas à quel numéro ? Rien ne se présente bien clairement. En fin de compte, une seule évidence : si nous le cherchons quelque part, c'est peine perdue ! C'est lui qui nous cherche ! Et il peut venir nous rencontrer à tout moment, n'importe où, quand ça lui chante en somme … reste à s'en apercevoir.

L'autre élément extraordinaire, c'est la précédence. Il nous précède dans les épreuves, dans les doutes, dans les joies. En fait c'est depuis le début de cet Évangile qu'il précède : relisez et vous constaterez.

11 mai 2007

Scandale !

Qu'est-ce que cette histoire de scandale, de chute ? Pour nous le verbe « scandaliser » a un sens très clair, il est synonime de « choquer ». En réalité c'est l'un des mots de notre langue qui viennent directement de l'Évangile. En grec, le mot « skandalon » désigne un piège (sans doute une branche courbée) qu'on dissimule sous un chemin ou une route pour faire chuter l'adversaire, ce que certains traducteurs rendent par « chute », « occasion de chute » (voyez la parabole du Semeur et les Psaumes 65 et 140). Les évangélistes Marc et/ou Matthieu ont alors créé le verbe σκανδαλιζω pour dire « être une occasion de chute », ce qui est devenu le moderne « scandaliser ». Le verbe est passé au latin par la traduction latine de Jérôme, puis au français.
La notion de réprobation sociale associée au scandale demeure tout à fait éloignée du message évangélique qui s'occupe uniquement de vie et de résurrection ; dans cette perspective, chute et péché reviennent au même, c'est l'éloignement de Dieu.
Clin d'œil publicitaire pour finir : ce qui crée le scandale ce n'est pas la situation elle-même c'est l'ombre projetée par elle …