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20 juin 2008

Il vous précède ...

... en Galilée, très bien, mais où ? C'est que le lieu, s'il n'est pas très grand, recouvre quand même un certain nombre de villes, villages, et un grand lac. Un peu comme si on nous disait «il vous attend sur le Bassin» !
Où chercher, donc ?
Peut-être dans une synagogue (une église, si vous voulez) ? Pas de chance, il y en a au moins une et souvent plusieurs dans chaque village, cela va faire un peu long …
Et puis … le Fils de l'Homme est-il venu au monde pour se faire enfermer entre quatre murs ? Certainement pas ! Changeons d'idée.
Peut-être est-il sur les routes pour que nous ayons les plus grandes chances de le croiser, comme entre Jérusalem et Bethléem ? Ou sur le lac en train de pêcher ? Ou dans les champs en train de semer et de récolter, activités qu'il affectionnait particulièrement ?
Faut-il lui téléphoner, et en ce cas à quel numéro ? Rien ne se présente bien clairement. En fin de compte, une seule évidence : si nous le cherchons quelque part, c'est peine perdue ! C'est lui qui nous cherche ! Et il peut venir nous rencontrer à tout moment, n'importe où, quand ça lui chante en somme … reste à s'en apercevoir.

L'autre élément extraordinaire, c'est la précédence. Il nous précède dans les épreuves, dans les doutes, dans les joies. En fait c'est depuis le début de cet Évangile qu'il précède : relisez et vous constaterez.

04 mai 2007

Ascensions

Pourquoi découvre-t-on les personnages d'Élie et Moïse dans la scène de la transfiguration ? La meilleure réponse se trouve dans les textes eux-mêmes. Concernant Élie c'est dans II Rois 2, et pour Moïse c'est dans Deutéronome 34. La fin du livre de Malachie résonne aussi avec ce texte, lisez-la. Tant qu'à faire, puisque c'est bientôt, nous pouvons nous interroger sur l'Ascension ; les traces sont maigres, lisez la fin de l'Évangile de Luc et le début du livre des Actes c'est à peu près tout. Quel point commun entre toutes ces situations ? Pas de tombeau ! Aucun culte !
Alors, pour illustrer ce petit billet, quoi de mieux qu'un grand bol d'oxygène ?



25 avril 2007

Quand le fou montre la lune...


… l'imbécile montre le doigt (proverbe chinois). Dans cette scène presque tout le monde, avec de notables exceptions, semble vouloir montrer quelque chose ou quelqu'un. Ces doigts peuvent à leur tour montrer, questionner, accuser
… mais qu'y a-t-il à voir? et quel est l'objet du débat ?
Sans prendre de risque théologique particulier, nous pouvons affirmer qu'il est ici question de la résurrection qui suscite de grandes disputes (voyez 9:10). Alors rappelons-nous que « relever » et « ressusciter » sont quasiment le même verbe en grec. Est-ce que c'est plus clair ainsi ? Non ? Eh bien ! priez d'abord et revenons-y ensuite.

22 avril 2007

La transfiguration : tout un programme

Après avoir abondamment navigué sur terre et sur mer (enfin, sur le lac), nous touchons au Ciel.
Pour aborder ce passage central et dense, une fois de plus un coup d'œil sur un œuvre d'art nous rendra de fieffés services. Nous n'avons guère le choix, mais la pêche s'avère miraculeuse … la voici ! (cliquez sur l'image pour agrandir, et sur "retour arrière" pour revenir au blog)


Ce tableau fut peint par Raphaël en 1517, et c'est la dernière œuvre du génial peintre qu'il n'a même pas eu le temps de finir. Je ne vous en livre pas maintenant toutes les clés, regardez plutôt de près par vous-mêmes.
Une indication pour commencer : suivez les regards et demandez-vous où ils aboutissent.
Une question pour continuer : quand vous avez lu le chapitre 9, à votre avis l'enfant convulsif était-il debout ou couché ?
Une observation pour finir : c'est le père qui soutient l'enfant.

01 février 2007

Lève-toi et mange !

Maintenant, la fin du chapitre 5. C'est le célèbre « talitha koum » qui a tant agité bien des traducteurs et exégètes. Nous avons une jeune fille présumée morte, tout le monde s'agite autour d'elle sans grand effet, et soudain une parole de Jésus – hop ! la voici ressuscitée (relevée) ou simplement réveillée, puisque nous ne savons pas si elle était morte. Faisant contraste avec l'abondance de paroles de cette foule l'échange entre Jésus et la fille est absolument minimal : deux mots, pas de réponse. À quoi servent ces déluges de paroles, nos déluges de paroles (celui-ci compris) si aucun effet ne se profile derrière ? Même l'évangéliste rajoute des paroles, rajoutant sa traduction du « tali thakoum » lequel devient « το κορασιον σοι λεγω εγειραι » c'est-à-dire « à toi jeune fille je dis lève-toi ». Au sens propre, « tali thakoum » c'est « petite agnelle, debout ». Et rien de plus.

Post-Scriptum tardif.

Finalement, j'ai bien envie de vous rajouter quelques mots autour de ce « debout ». Il provient du verbe hébreu "qam" qui peut vouloir dire "se lever le matin" après le sommeil. Ici il est employé à une forme impérative : la résurrection c'est tout de suite !